Les médias se l’arrachent, les reportages fusent, nous sommes en 2023 et la guerre est redevenue à la mode. Cependant, nous ne parlons que d’une chose : la guerre, les soldats et les ukrainiens. Après un an de guerre et de sanctions plus ou moins efficaces, les européens se demandent : « aider l’Ukraine agressée par la Russie certes, mais à quel prix ? »
Ils ne sont pas au chômage, ni en situation de forte précarité, mais sont tout de même touchés par l’inflation. En effet, les ménages les plus précaires ne sont plus les seuls face à ce fléau. Nous les avons interrogé afin d’analyser les conséquences, pas sur l’Ukraine cette fois-ci, mais sur les européens.
L’inflation s’envole sans emporter les salaires avec elle, pendant que la situation économique elle, chute littéralement. Les médias et les dirigeants ne cessent de parler de guerre et d’armes en négligeant une chose: l’impact de leurs décisions sur leurs populations.
“Quoi ?! 1,65€ pour du beurre ?” s’indignait Camille il y a deux ans lorsque les prix commençaient à augmenter. « Je rouspétais à l’époque alors qu’aujourd’hui, il est déjà à 2,60€. » Si vous vous sentez comme Camille, sachez que 56% des foyers français étaient déjà touchés par l’inflation en mai 2022, et 81% étaient très attentifs à leurs dépenses de consommation. Avec l’énergie, l’alimentation représente un des secteurs qui a le plus augmenté, en sachant que les français y consacrent 20,4% de leurs budgets.

“J’achète moins de viande qu’avant, hormis cela, j’achète plutôt les mêmes produits. J’ai donc vu une différence de prix flagrante, pas sur les produits en tant que tels, mais sur les tarifs au kilo” affirme Jean-François* habitant à Paris. En effet, les prix de la viande, du poisson, des produits laitiers et des oeufs ont bondi jusqu’à 19% d’après Capital, contre 14% correspondant à l’inflation des prix de l’alimentation générale d’après une étude de l’INSEE (voir graphique ci-dessous).
*Le prénom a été modifié par souci de confidentialité.

Afin de détourner l’attention des consommateurs sur l’inflation, les supermarchés ont mis au point la « shrinkflation » : « shrink » signifie réduire ou rétrécir en anglais, combiné avec le mot inflation d’après une enquête de l’ONG FoodWatch datant de septembre 2022.
Une pratique de plus en plus courante utilisée dans l’agroalimentaire. En effet, vous paierez le même prix qu’avant, tout en achetant une quantité moindre. En plus de réduire la quantité, certains vont jusqu’à réduire la qualité, afin de diminuer les coûts au maximum.
La sentence est tombée: la pratique est légale. La Ministre Déléguée des PME, Olivia Grégoire, l’affirme après avoir saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et la répression des fraudes (DGCCRF). Elle assure qu’il ne s’agit pas d’une pratique visant à tromper le consommateur, cependant, elle nuit à sa bonne information. Encore une décision qui aidera la population en termes de pouvoir d’achat.
“En sachant que je n’ai pas un salaire mirobolant, j’ai toujours été très économe et je fais attention lorsque je fais mes courses.” Afin de contrer l’inflation, Camille est contrainte de mettre en place des techniques pour économiser au maximum sur les produits du quotidien.
J’utilise souvent des applis “0 gaspi” comme TooGoodToGo. En plus de faire des économies, c’est un achat utile, car ce qu’on achète partirait normalement à la poubelle.
Camille, habitante de la région de Toulouse
Camille est jeune maman et les couches représentent une charge considérable, c’est pourquoi elle les achète sur Vinted: un site de revente de vêtements d’occasion, mais aussi sur Le bon coin et Beebs, une application de revente de produits pour enfants. “Beaucoup de parents vendent les paquets de couches qu’ils n’ont pas eu le temps d’utiliser car leur bébé a grandi trop vite.” explique-t-elle.
Au Royaume-Uni, la situation n’avait jamais atteint ce niveau depuis 1977 : l’alimentation a augmenté de 17% entre décembre 2021 et décembre 2022. La situation économique désastreuse touche fortement l’Irlande également.
“Avant je pouvais sortir et voyager souvent, maintenant on fait attention avec mon copain, on ne sort plus toutes les semaines mais plutôt une fois de temps en temps. Tout est devenu très cher.” Xin est ingénieure en informatique à Dublin, un métier apportant un certain confort de vie, mais dans un contexte inflationniste, son salaire est tout juste passable.
L’Irlande vit malheureusement une crise du logement terrible qui sévit depuis des années, les forçant à être en collocation pour vivre décemment, l’inflation n’en arrangeant pas le coût de la vie.
Les revenus les plus modestes ne sont plus les seuls à subir les conséquences de la pandémie, de la guerre en Ukraine, et surtout des décisions de nos dirigeants Européens. Des décisions qui ont eu des répercussions importantes sur l’économie du pays, notamment en matière d’inflation.
Dans un prochain numéro, nous examinerons l’impact de cette guerre sur les médias internationaux, sans oublier les différents avis de nos chers protagonistes: Camille, Xin et Jean-François.

Prochaine édition à suivre:
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